Le service de renseignements financiers malgache est en convaincu. La Grande île ainsi que Maurice sont des plaques tournantes du trafic de l’héroïne dans cette partie de l’océan Indien. La drogue en provenance d’Afghanistan transite par des pays de l’Afrique de l’Est avant d’être introduits à Madagascar et ensuite Maurice avant d’être acheminée ailleurs.

«Nous avons des informations concordantes qui apparemment laissent à penser que Madagascar fait partie de l’itinéraire de la drogue dure […] La drogue, qui vient d’Afghanistan, transite dans les pays d’Afrique de l’Est, et va passer par Madagascar avant d’entrer à l’île Maurice où elle est consommée sur place ou dispatchée à travers le monde», a déclare Boto Tsara Dia Lamina, directeur général de la cellule de renseignement financier (SAMIFIN) il y a plus d’une semaine.

Il explique que le SAMIFIN travaille de concert avec leurs collègues de l’Afrique de l’Est et de Maurice pour endiguer ce phénomène. « Quand on dit Afghanistan, c’est un pays à risque quand on parle de trafic de stupéfiants ou de financement du terrorisme », fait-il ressortir.

Des saisies se font de manière sporadiques et la plus grosse prise remonte à juin 2018 où les Mauriciens Jules Roddy Avoula, Jérémy Mardochee Leratz et Marc David Plaiche (photo) avaient été arrêtés avec 80,2 kg de cannabis estimés à Rs 48,1 millions, 35,5 kg de haschisch d’une valeur marchande de Rs 88,8 millions et 25,5 kg d’héroïne estimés à Rs 328,7 millions.

Ce coup de filet a été rendu possible à travers un exercice conjoint entre les douanes malgaches et mauriciennes. Le trio était déjà dans le viseur de l’Anti-Drug and Smuggling Unit (ADSU). Surtout Marc David Plaiche. Il est le protégé du trafiquant Jean Serge Alleemudder, aussi dit Jean Tiboute Short, fondateur du gang Démolition aux côtés de son cousin Jimmy Marthe, alias Jimmy Colosso.

Boto Tsara Dia Lamina déplore la vulnérabilité de la Grande île dans la lutte contre le terroriste et le blanchiment, la loi relative au blanchiment de capitaux et financement du terrorisme ainsi que la corruption semblant ne pas être une priorité pour les décideurs malgaches. Ces projets de loi dorment dans un tiroir depuis 2017.