L’interdiction aux Rodriguais d’exporter du limon vers Maurice dans le sillage de la prolifération du «fallarmy worm» découle d’une mauvaise communication entre l’Assemblée régionale et le ministère de l’Agro-industrie. Celui-ci n’étant «pas au courant» du protocole mis en place par la Commission de l’agriculture pour contrôler l’insecte ravageur, il n’a fait que respecter les procédures établies.

En guise de rétorsion, l’Assemblée régionale a décidé d’interdire l’importation de certains légumes mauriciens bien que les cultures de l’île aient été grandement affectées par le passage des cyclones Gelena et Joaninha… La situation est finalement retournée à la normale après que le Food and Agricultural Research & Extension Institute (FAREI) a été dépêché sur place pour un constat durant la semaine écoulée.

Le FAREI a établi que la Commission de l’agriculture a suivi les méthodes de contrôle pour la chenille du légionnaire et que les produits rodriguais ne représentent donc aucun risque pour les cultures mauriciennes. Outre la mise sur pied d’un comité technique présidé par le Commissaire à l’agriculture comme décidée par le Conseil des ministres le vendredi 26 avril, toute personne des deux îles important des plantes ou des aliments doivent obtenir un certificat phytosanitaire.

Ce n’est pas la première fois que des couacs surviennent entre Port-Mathurin et Port-Louis quant au respect des normes phytosanitaires. En 2016, le chef vétérinaire de Rodrigues a permis qu’une cargaison de bœufs soit exportée vers Maurice alors que l’île était confrontée à une crise sans précédent de la fièvre aphteuse.

L’épidémie de fièvre aphteuse a d’abord éclaté à Rodrigues avant de se propager Maurice, à cause de la décision du Dr Jean-Marc Samoisy, lequel a été sévèrement critiqué par un Fact-Finding Committee. Le comité d’enquête dit comprendre qu’il ait pu croire à un empoisonnement lorsque les premiers cas ont été déclarés, mais qu’il ne pouvait se tromper aussi lourdement lorsque plusieurs foyers d’infection ont éclaté à travers l’île.

Le chef vétérinaire de Maurice, le Dr Deodass Meenowa, en avait aussi pris pour son grade pour avoir permis le débarquement du bétail infecté à Port-Louis. Ces deux responsables vétérinaires ont «failli lamentablement», selon le comité d’enquête. Le Dr Meenowa a brillé par son refus d’offrir l’assistance nécessaire à ses collègues rodriguais au début de l’épidémie, ce qui les a forcés à se tourner vers la Commission de l’océan Indien (COI).

Photo : Au marché de Port-Louis, les limons d’Egypte ont remplacé ceux de Rodrigues sur les étals.